Irving Penn à la Maison Européenne de la Photographie Sans conteste, l’exposition de la rentrée

C’est le rendez-vous incontournable de cet automne à Paris. Du 30 septembre 2026 au 17 janvier 2027, la Maison Européenne de la Photographie (MEP) célèbre l’immense Irving Penn (1917-2009) à travers une rétrospective exceptionnelle, intitulée : PENN & FASHION.

L'art du studio et la quête du sublime

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Formé auprès du légendaire Alexey Brodovitch chez Harper’s Bazaar, Irving Penn est repéré par Alexander Liberman et signe sa toute première couverture pour Vogue en 1943. C’est le point de départ d’une complicité créative hors norme de plus de soixante ans.

Maître du cadrage, Penn construit une œuvre caractérisée par un dépouillement radical. Son studio est son sanctuaire : quel que soit le lieu - qu'il s'agisse de Paris, de la Nouvelle-Guinée, du Maroc ou du Pérou - il réinstalle sans cesse son décor épuré, le plus souvent sublimé par un ancien rideau de théâtre dégoté à Paris en 1950.

Au début des années 1970, l'artiste s'affranchit des contraintes de la presse magazine pour mener des recherches plastiques d'une audace folle. Il sublime le banal, transformant des mégots de cigarettes ou des débris urbains en natures mortes somptueuses grâce à la technique exigeante du tirage au platine-palladium, procédé qu'il maîtrise à la perfection dès 1964.

La MEP et Irving Penn : une relation intime

Entre la MEP et Irving Penn, l'histoire est ancienne. Dès l'ouverture de l'institution dans les années 1990, le photographe américain accorde toute sa confiance à la Maison parisienne, encourageant la constitution d'un fonds aujourd'hui unique au monde.

Riche de 109 œuvres tirées par l'artiste lui-même, ce fonds embrasse toute la carrière de Penn, de 1939 à 2007. De ses premiers clichés documentaires dans les rues de New York à la célèbre série des « Petits Métiers » en passant par ses portraits de personnalités du monde de l'art et ses clichés ethnographiques. On compte aussi ses nus iconoclastes, ses expérimentations conceptuelles (Street Material, Underfoot, Wessel) et bien sûr, ses photographies de mode emblématiques, sublimées par son épouse et muse, le top model Lisa Fonssagrives.

Enrichie au fil des décennies - notamment par le don de 14 tirages de la série The Bath par Penn en 1996, puis par une donation de 46 tirages par la Fondation Irving Penn en 2020 - la collection de la MEP offre une traversée intime et rigoureuse au cœur du travail de cette figure tutélaire de la photographie mondiale.

PENN & FASHION : une odyssée décennie par décennie

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L'exposition PENN & FASHION retrace chronologiquement ce parcours de haute volée de 1947 à 2008. Le parcours au sein du musée s'ouvre sur les années 1950 et l'âge d'or de la haute couture parisienne : Dior, Balenciaga, portés par des mannequins mythiques comme Jean Patchett ou Lisa Fonssagrives. Dans les années 1970, Penn capture la liberté créative des maisons Courrèges et Ungaro, incarnée par Marisa Berenson ou Lauren Hutton, avant de magnifier dans les années 1980 l'audace d'Yves Saint Laurent et de Karl Lagerfeld. L'exposition met également en lumière sa collaboration inédite avec le créateur japonais Issey Miyake.

Dans ses dernières décennies de création, Irving Penn continue de bousculer les codes. Qu'il s'agisse de capturer en couleur les robes vertigineuses de John Galliano, les silhouettes opulentes de Christian Lacroix, les coiffes en plumes de Chanel ou d’immortaliser les pages beauté de Vogue dans les années 1990 et 2000, l'artiste conserve la même rigueur architecturale, la même attention portée à la matière et aux volumes. À ne manquer sous aucun prétexte. 

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