
5 choses à attendre de la Paris Haute Couture Week SS27 Entre nouveaux débuts et retours très attendus
La Paris Haute Couture Week s’ouvre aujourd’hui, marquant le rendez-vous le plus attendu des passionnés de mode et des professionnels du secteur. Plus que toute autre semaine de la mode, cet événement ne cherche pas à séduire le grand public, mais ceux qui incarnent véritablement l’univers de la haute couture : les VIC (Very Important Clients), ces clients d’exception qui continuent de faire vivre un marché fondé sur le savoir-faire, l’excellence artisanale et le désir. C’est Schiaparelli de Daniel Roseberry qui ouvrira les festivités, avec l’un des défilés les plus attendus et spectaculaires de la saison, tandis que la première journée se clôturera sur la présence inattendue de Standing Ground. Le calendrier accueille également les deuxièmes rendez-vous couture de Matthieu Blazy pour Chanel et de Jonathan Anderson pour Dior, les débuts de Pierpaolo Piccioli chez Balenciaga, ainsi que le retour de toutes ces maisons devenues incontournables de la Haute Couture ces dernières années, parmi lesquelles figure également le « nouveau » Giorgio Armani Privé de Silvana Armani. Une chose est sûre : cette saison s’annonce particulièrement riche en temps forts.
Voici donc 5 choses à attendre de la Paris Haute Couture Week FW 2026-2027.
Le retour de Balenciaga
Balenciaga fait officiellement son retour au calendrier de la Haute Couture avec les débuts de Pierpaolo Piccioli. La maison réintègre le calendrier en tant que Guest House après plusieurs années d'absence, sa dernière collection couture ayant été signée par Demna. Si ses premières collections ready-to-wear ont inévitablement suscité le débat, entre des propositions encore en quête d'une véritable direction et un héritage particulièrement imposant, c'est précisément la Haute Couture qui pourrait être le terrain où Piccioli se sentira le plus à son aise.
Après tout, dans son travail, la frontière entre la couture et le prêt-à-porter a toujours été particulièrement poreuse. Déjà chez Valentino, il avait démontré qu'il était un remarquable maître des volumes, de la construction sartoriale et de cette conception de la silhouette sculpturale profondément enracinée dans l'héritage de Cristóbal Balenciaga. Il ne reste plus qu'à voir s'il parviendra à transformer ses débuts en un nouveau chapitre poétique pour la maison.
L'omniprésence de Chanel et Dior
Entre Matthieu Blazy et Jonathan Anderson, le calendrier ne laisse aucun répit. Après leurs récentes collections prêt-à-porter et Resort, présentées respectivement pour Chanel et Dior, les deux créateurs sont déjà de retour sur les podiums avec deux des défilés les plus attendus de la semaine. Si, d'un côté, il est inévitable de ressentir une certaine fashion fatigue, de l'autre, il est impossible de nier que les deux designers sont en train de redéfinir le langage de leurs maisons respectives.
Entre imaginaires naturalistes, références florales, atmosphères suspendues et silhouettes qui semblent transformer les mannequins en nymphes contemporaines, Blazy et Anderson démontrent aujourd'hui qu'une collection ne se construit plus uniquement à travers les vêtements, mais aussi grâce à un véritable univers composé de matières, de savoir-faire, de scénographies et de storytelling. Le prix du succès est élevé, mais le résultat demeure l'un des plus convaincants de la scène mode contemporaine.
Jean Paul Gaultier inaugure une nouvelle ère
Après plusieurs années d'expérimentations et de réajustements, Jean Paul Gaultier tourne définitivement la page du format des Guest Designers. Après avoir collaboré avec Chitose Abe, Glenn Martens, Olivier Rousteing, Haider Ackermann, Simone Rocha et Ludovic de Saint Sernin, la maison a confié sa direction artistique à Duran Lantink. Cette saison marquera sa troisième apparition sur les podiums. Après des débuts qui ont divisé la critique, puis une deuxième collection accueillie de manière nettement plus favorable, le créateur néerlandais est désormais attendu au tournant : il devra confirmer sa vision et démontrer que le nouveau chapitre de Jean Paul Gaultier est enfin en mesure de trouver une véritable stabilité après plusieurs années de turbulences.
Standing Ground est le nom à suivre
Parmi les nouveautés les plus intéressantes de cette Couture Week figure Standing Ground, la marque fondée par le créateur irlandais Michael Stewart, qui fait ses débuts officiels au calendrier parisien. Son parcours est presque à contre-courant. Pendant des années, Stewart a poursuivi son travail en toute indépendance, réalisant presque entièrement ses créations lui-même, sans véritablement attirer l'attention de l'industrie. Comme il l'a confié à Vogue, il plaisantait en qualifiant ses créations de bedroom couture, des pièces confectionnées lentement dans sa propre chambre. Une persévérance qui est aujourd'hui enfin récompensée par son entrée dans la semaine la plus prestigieuse de la mode. Reste à savoir si le minimalisme monumental de la marque saura séduire non seulement la critique, mais aussi cette clientèle qui continue de déterminer le succès d'une maison.
Rahul Mishra, Manish Malhotra et Robert Wun
L'Indian craze continue de gagner du terrain, y compris sur les podiums de la haute couture. Rahul Mishra est désormais une figure incontournable du calendrier officiel et, depuis son arrivée en 2020, il a redéfini le dialogue entre la haute couture et l'artisanat indien, faisant de la broderie, des techniques traditionnelles et de la durabilité un langage immédiatement reconnaissable à l'échelle internationale. Cette saison marque également les débuts de Manish Malhotra en tant que Guest House. Après avoir bâti une carrière légendaire dans l'industrie cinématographique de Bollywood, le créateur fait enfin son entrée sur la scène de la couture parisienne avec un univers façonné par l'opulence et le savoir-faire.
À leurs côtés revient l'un des noms les plus salués de la scène : Robert Wun, la voix la plus originale de la nouvelle génération, dont les collections transforment les vêtements en récits visuels, donnant forme à l'émotion, à la mémoire et à la théâtralité à travers des silhouettes qui semblent exister bien au-delà du corps qui les porte. En somme, si la couture demeure le lieu où le rêve rencontre le savoir-faire, cette saison promet de nous rappeler une fois de plus pourquoi Paris reste sa scène la plus prestigieuse.