Cette marque française vend une queue de sirène pour sa collection Summer 26 Plongée dans l’univers d’Algieri Paris

Loin de l’imagerie solaire et des clichés azuréens, la marque parisienne Algieri réinvente l’été à la lumière des projecteurs underground. Pour sa collection-capsule Summer 26, so(m)brement intitulée « Les Abysses », Raphaël Algieri fusionne mode, artifice et culture queer, allant jusqu’à proposer une spectaculaire queue de sirène artisanale. 

Le corps en transition

La figure de la sirène est l’élément central de la réflexion de Raphaël Algieri. Ni totalement humaine, ni totalement mythologique, elle incarne un corps en transition : construit, observé, transformé. Avec elle, la campagne interroge les notions de genre, de visibilité et la manière dont les corps sont façonnés par la société et libérés par la performance. 

Ici, les symboles de l’été demeurent présents mais ne sont plus tout à fait à leur place : l’eau, le repos et le corps apparaissent sous une forme altérée, transposés dans l’univers habituel d’Algieri Paris. Pour parfaire la panoplie, la sirène Algieri dispose d’une serviette — pièce leisure par excellence — d’un sac et d’un porte-sac. Des pièces plus commerciales qui étayent tout de même le récit de cette collection-capsule estivale. 

Quand la nuit métamorphose le mythe

Au cœur de cette collection réside une pièce hybride, à la frontière de la mode et de l'art : une queue de sirène réalisée en collaboration avec l’artisan belge Mermethyste. Pour la campagne, c’est la drag queen et DJ Kirara qui s’en empare, se métamorphosant en une créature à la fois inquiétante et inspirante.

Lors de la soirée de lancement, cette esthétique de la mutation est passée de l’image au réel. Véritable autel profane, une table en verre servait de piédestal à un mannequin figé dans sa queue de sirène, dont le regard, aboli par des lentilles blanches, fixait le vide avec une froideur spectrale. Non loin de cette apparition, une seconde figure de la nuit complétait le tableau, arborant un slip entièrement brodé de pierres. En orchestrant cette confrontation de créatures hybrides, Algieri pose les fondations d'un théâtre de l’étrange où la beauté se conjugue au pluriel et au radical.

Une mode connectée à l'underground parisien

Au-delà du vêtement, Algieri est indissociable de la scène queer parisienne. La marque collabore régulièrement avec des artistes, créateurs et performeurs issus des scènes techno, drag et underground, affirmant son engagement indéfectible envers les cultures alternatives. En brouillant les frontières entre mode, musique et performance, Algieri offre une plateforme d’expression aux talents émergents et contribue, collection après collection, à faire vivre une esthétique libre et radicale.

Fondée en 2022 après des études à LISAA et à HEC Paris, la marque porte un nom chargé d'histoire. Algieri, c’est celui de l’arrière-grand-mère du designer, qui choisissait dans les années 1940 de le garder et de le transmettre. Une forme de perpétuation, mais aussi d’écart, que l’on retrouve aujourd'hui dans le travail du directeur artistique. La marque s'inscrit dans une démarche engagée et locale : les créations prennent vie à partir de stocks dormants et de matériaux recyclés, via une fabrication essentiellement artisanale au sein d'un atelier parisien.

En s’emparant du mythe de la sirène pour le traîner dans la moiteur des clubs techno, Algieri signe bien plus qu’une collection estivale. « Les Abysses » s’impose comme le manifeste d’une mode qui refuse d’arrondir les angles, rappelant que c’est bien dans l’obscurité et la marge que s’inventent les silhouettes de demain.

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