Monaco, l'éternelle villégiature des géants du luxe Une histoire d'amour gravée dans la roche, des foulards en soie de Grace Kelly aux vitrines de Casino Square

C’est le Jour-J pour le Grand Prix de Formule 1. Gucci et Louis Vuitton entrent en piste. Du 4 au 7 juin 2026, la Principauté devient le centre du monde. Mais au-delà du bitume et des moteurs qui vrombissent, Monaco confirme son statut de terre promise pour les plus grandes maisons de couture. 

Gucci et le Rocher : une relation pérenne et fleurie

Gucci dévoilait il y a quelques jours sa toute nouvelle campagne, baignée par la lumière de Monte-Carlo. Pour l'occasion, la Maison italienne a réuni un casting cinq étoiles composé de Tian Xi Wei, Amelia Gray, Anok Yai, Elisabetta Dessy, Emma Koch, Kayako Higuchi, Felix Friedman, Ibrahima Kane et Samuel Watson. Le fil conducteur de cette campagne n'est autre que la réinterprétation du motif Flora. Véritable pilier du langage de la Maison florentine depuis sa création en 1966, cet imprimé célèbre cette année son 60e anniversaire.

L'histoire de ce motif est indissociable de Monaco. Imaginé à l'origine par l'illustrateur Vittorio Accornero à la demande de Rodolfo Gucci pour la princesse Grace de Monaco, Flora a été conçu comme un champ de fleurs foisonnant décliné en 37 couleurs distinctes. Il est présenté pour la première fois sur un foulard en soie. Véritable démonstration du savoir-faire italien avec ses 27 fleurs déclinées, cet imprimé est devenu l’un des éléments les plus emblématiques de Gucci.

Soixante ans plus tard, Flora reste une éternelle source d’inspiration pour la maison. Aujourd’hui, le motif poursuit sa mue, comme en témoigne son apparition dans La Famiglia, une famille fictive de personnages archétypaux imaginée par Demna pour Gucci en 2025. Il se déploie sur plusieurs silhouettes saisissantes : le personnage de Flora porte une robe longue en twill matelassé, La Contessa, elle, une somptueuse robe en organza brodée de sequins, et l’Incazzata un bandeau en soie. Cette versatilité se prolonge jusqu'à la collection Hiver 2026, à travers une mini-robe en soie aux motifs floraux délicats rehaussée par une bordure noire.

Si Monaco prête ses décors solaires à la toute nouvelle campagne de la maison florentine, le Rocher vibre surtout au rythme du Grand Prix de Formule 1 ce week-end. L'occasion idéale pour Gucci de célébrer ses premiers pas officiels dans les paddocks : la marque parraine cette année l'écurie Alpine et son pilote tricolore Pierre Gasly, amorçant ainsi une alliance vrombissante déjà historique.

Louis Vuitton dans l’aspiration du Grand Prix 

De son côté, la maison française Louis Vuitton s’associe officiellement au Grand Prix de Formule 1 pour sa 83e édition. Le rendez-vous automobile change de dimension et devient le Formula 1 Louis Vuitton Grand Prix de Monaco 2026. C'est un véritable changement de paradigme : alors que les marques automobiles jouaient historiquement les sponsors, ce sont aujourd’hui les marques de luxe qui passent la seconde. Un démarrage déjà amorcé l’année dernière et qui s’annonce encore plus conséquent cette année. En 2025, LVMH est en effet devenu « global luxury partner » de la F1 avec un accord-cadre d’une décennie autour de plusieurs de ses marques fortes : Louis Vuitton, Moët Hennessy et TAG Heuer. L'an dernier d'ailleurs, Bernard Arnault, PDG du groupe, et sa famille étaient présents autour du circuit monégasque.

Cette histoire avec le Rocher s'inscrit dans le temps long. Dès les prémices de la maison créée à Paris en 1854, les malles plates et non bombées ont constitué une révolution pour l’époque. Pensées pour une population aisée qui bouge et va de port en port, elles ont accompagné l'essor de Monaco, devenu un lieu de villégiature pour les élites du monde entier. Dès le début du XXème siècle, en 1904, Louis Vuitton confectionne ainsi un porte-habit en crocodile pour la famille princière. Plus tard, en 1997, la maison célébre les 700 ans de la dynastie avec le sac Malicieux, créé en hommage à François Grimaldi, dit Malizia.

Plus récemment, en 2014, c'est à Monaco que Nicolas Ghesquière choisit d'orchestrer son tout premier défilé Croisière. À l’époque, Michael Burke, alors président de la Maison au monogramme, commentait ce choix en expliquant que le choix de Monaco était évident et s'inscrivait dans la volonté de la princesse Charlène de créer un événement mode dans la Principauté. Ce souhait était en totale cohérence avec les liens tissés depuis plus d'un siècle entre la famille princière et Vuitton, sans compter l'attrait de ce lieu mythique pour la clientèle de la marque. Aujourd'hui, la boutique Louis Vuitton de Monte-Carlo est installée à Casino Square, au cœur du luxe monégasque, dans l'orbite immédiate de l'Hôtel de Paris et du Casino de Monte-Carlo.

Plus qu'une simple vitrine saisonnière, Monaco s'affirme comme le carrefour où le passé et le présent du luxe se rencontrent. Des premiers bagages princiers signés Louis Vuitton aux réinterprétations contemporaines du motif Flora de Gucci, le Rocher prouve que son alliance avec la haute couture dépasse les tendances. À Monaco, le luxe ne fait pas que passer le temps d'un Grand Prix ; il y a trouvé sa demeure.

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