L’écrivaine Constance Debré, nouvelle égérie Givenchy Capturée par Juergen Teller

Un décor et un casting brut

Pour la campagne Automne-Hiver 2026, capturée par l’objectif sans filtre de Juergen Teller, la maison Givenchy s'offre une parenthèse sauvage. Contre la roche escarpée d’une crique croate, les silhouettes se détachent avec puissance. Visages peu ou pas maquillés, poses conquérantes, regard droit : le photographe et la direction artistique font le choix de l’épure.

Au cœur de ce cadre minéral, Sarah Burton orchestre un casting résolument hétéroclite. Aux côtés des mannequins incontournables comme Kaia Gerber et Liu Wen, de l'emblématique Eva Herzigova ou encore de Nyaduola Cisse, une figure détonne : l’autrice française Constance Debré. En réunissant ces visages aux trajectoires uniques, la créatrice britannique démontre toute l’étendue de sa vision. La femme Givenchy n'est pas enfermée dans une case oppressive ; elle est plurielle, complexe et libre. Avec cette campagne, l’ancienne comparse d'Alexander McQueen continue d'imposer les jalons d'une féminité affranchie des stéréotypes.

Constance Debré : l'incarnation d'une liberté radicale

Le choix de Constance Debré dépasse le simple coup d’éclat marketing : il incarne l’esprit d’indépendance absolue que Sarah Burton insuffle à la maison. Ancienne avocate au barreau de Paris, issue d’une dynastie bourgeoise où se croisent politiques et journalistes d'influence, Constance Debré semblait promise à un destin tout tracé.

En 2015, elle décide pourtant de tout plaquer. Elle quitte le milieu qui l'a vue naître, abandonne la robe d'avocate pour se consacrer exclusivement à l’écriture et réinventer son existence. Une véritable renaissance politique et personnelle, matérialisée par son crâne rasé et son écriture au scalpel. En faisant d'elle l'un des visages de sa collection, Sarah Burton envoie un signal fort : la liberté n'est pas un concept marketing à prôner uniquement sur du papier glacé, elle se vit.

Une fêlure bienvenue dans les carcans de la mode

En ouvrant les portes d'une maison aussi historique que Givenchy à une écrivaine de cinquante ans au parcours dissident, Sarah Burton bouscule les lignes d'un secteur souvent frileux. Alors que les défilés des Fashion Weeks du Big Four (New York, Londres, Milan, Paris) tendent parfois à se refermer sur des castings lisses et une quête obsessionnelle de la juvénilité, faire cohabiter Constance Debré et Eva Herzigova relève de l'acte politique.

En créant de la place pour des femmes matures et des beautés singulières, la créatrice s'attaque frontalement aux normes hyper-restrictives de l'industrie. Cette campagne redéfinit le luxe : une allure qui ne s'achète pas, portée par des représentations dissidentes, vivantes et affranchies du temps.

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