
Pourquoi Prada ouvrira-t-elle la prochaine Milan Fashion Week ? Toutes les nouveautés d'un calendrier insolite mais intéressant
France
24 Juillet 2026
24 Juillet 2026
Le calendrier de la prochaine Milan Fashion Week Women's SS27 du mois de septembre est sorti hier. Et il n'est pas comme les autres. Bien que le programme comprenne tous les rendez-vous habituels, l'édition de septembre reste ponctuée de noms illustres : nous parlerons de Prada dans un instant ; mais une certaine impatience entoure le nouveau show de Gucci sur ses terres, le deuxième show de Meryll Rogge chez Marni, le troisième show de Fendi signé Maria Grazia Chiuri (dans l'espoir d'y voir quelques couleurs) ainsi que Bottega Veneta et Jil Sander. Etro présentera un défilé sans directeur créatif, Tod's et The Attico feront enfin leur retour sur le podium, et bien sûr il y aura Vogue World.
Mais quelles sont les nouveautés les plus intéressantes du calendrier provisoire ?
1. Prada ouvrira la semaine
La grande nouvelle, c'est que Prada, pour la première fois depuis de nombreuses années, abandonnera son créneau classique de 14h00 en milieu de semaine pour ouvrir la programmation milanaise. Mais pourquoi ? D'un côté, ce positionnement en ouverture en dit long sur ce qu'est devenu Prada ces dernières années : si pendant des décennies la marque a été un temps fort de la programmation, c'est récemment que ses dimensions se sont rapprochées du titanesque et que la marque est devenue synonyme de mode avec un grand « M ». Il y a évidemment une considération logistique plus cynique : le jour d'ouverture sera également celui de Vogue World en Galleria, un événement pour lequel le monde de la mode milanais remuerait ciel et terre pour y accéder, qui attirera un public immense et de très nombreuses célébrités, dont beaucoup assisteront également au show de Prada. Le travail des attachés de presse, des stylistes avec leurs assistants et des chauffeurs sera pour le moins brutal ce jour-là. Au moins il n'y aura pas la même canicule qu'en juin.
2. Un Met Gala à l'italienne ?
À la place des classiques et quelque peu autocélébratoires CNMI Sustainable Awards , on a cette année tenté de monter un Met Gala à l'italienne. La deuxième soirée de la semaine accueillera en effet un très exclusif dîner de gala au Palazzo Reale, qui marquera également l'ouverture de l'exposition « Dalì et la mode ». Pour trouver des parallèles avec cet autre gala, tous les indices sont réunis : événement très élégant, en plein centre-ville, organisé pour l'inauguration d'une exposition muséale explorant les liens entre mode et art. Anna Wintour, l'ingrédient le plus indispensable, sera assurément de la partie. Et tout cela au moment où la concentration de célébrités et de personnalités de la mode en ville est à son maximum. Espérons que cela se passe bien, car ce serait un événement plus amusant et moins poussiéreux que les remises de prix auxquelles plus personne ne croit, ou que l'after-party classique où les listes sont « fermées » mais les files d'attente kilométriques à l'extérieur. Là encore, les initiés de la mode de taille moyenne ou modeste auront fort à faire pour s'y faufiler et décrocher une invitation coûte que coûte.
3. Les débuts du nouveau Moschino
En ce qui concerne la mode à proprement parler, le rendez-vous véritablement inédit de la saison est la nouvelle direction créative de Moschino, qui fera ses débuts le vendredi 25 septembre. Au-delà de la prochaine phase créative de Moschino — une marque que tous les initiés de la mode aimeraient voir retrouver son éclat —, le show marquera également le retour sur la scène de Loris Messina et Simone Rizzo, deux créatifs très appréciés de la communauté de la mode milanaise, surnommés collectivement « les ex-Sunnei ». Lorsque les deux avaient quitté la marque avec la magnifique idée de la vente aux enchères (mais le concept du show a toujours été leur point fort), cela avait semblé marquer la fin d'une ère pour les Millennials de la scène milanaise, dont beaucoup avaient vu naître la marque et n'auraient pas voulu la voir s'éclipser. Si bien que le dernier sample sale avait attiré beaucoup de monde. Espérons qu'après le show, nous pourrons mettre à jour leur surnom en « les nouveaux Moschino ».
4. Indépendants et invités
Une créatrice indie immensément aimée de la bulle de la mode milanaise est Vivetta Ponti. Et comment ne pas l'aimer ? Au fil des années, la créatrice a conquis le cœur et l'esprit des initiés de la mode avec ses idées souvent naïves mais jamais futiles, son imagination presque enfantine qui se traduisait pourtant par une exécution parfaite dans la réalité. Et maintenant que Ponti a quitté la marque qui porte son nom, elle fera ses débuts sur le podium avec Venerdì Pomeriggio. Et nous n'avons jamais été aussi impatients et suspendus à l'attente. À ses côtés et aux côtés des deux autres noms de la mode indie milanaise, Murano et Rambaldi, nous verrons cette année défiler enfin Victor-Hart, que nous avions déjà découvert lors du Camera Moda Fashion Grant avec son incroyable tailleur en denim, ainsi qu'une petite phalange de nouveaux noms comme les Portugais Marques' Almeida et Miguel Vieira, et avec eux Neithan Herbert, qui est équatorien, travaille à Milan et produit au Mexique.
5. Absents grands et petits
Il ne pouvait évidemment pas y avoir de fashion week sans quelques absents. Mais toute fête, au fond, se définit par ceux qui n'y sont pas, non ? Le vide le plus flagrant du calendrier est sans conteste Versace, dont les débuts n'auront lieu qu'à la prochaine saison, bien que Pieter Mulier soit déjà actif en ville depuis quelques mois. Mais nous le savons : Rome ne s'est pas faite en un jour, ni Versace en un mois. Laissons mijoter. Autre absent (dommage, car les défilés ne cessaient de s'améliorer) : Ferrari, qui se rendra cette année à New York. Et le programme ne compte pas non plus N.21, qui est pourtant désormais une présence classique de Milan.