
Ces marques émergentes à suivre pendant cette Paris Fashion Week Immersion dans la nouvelle garde qui préfère l'audace au conformisme
En marge (ou en plein cœur) du calendrier officiel de cette Paris Fashion Week, zoom sur cinq labels émergents qui redéfinissent les règles du jeu, bousculent les lignes de genre et s'affranchissent des formats traditionnels.
Five Pointed Stars (FPS) et son pressing clandestin
Quel est donc ce gros camion qui ressemble à un pressing ambulant garé en plein Paris ? C’est l’installation éphémère du collectif Five Pointed Stars (FPS), pensée spécialement pour la Fashion Week. Au programme : une vente sauvage de tee-shirts et de vestes à prix fixes, le tout sous un slogan immense qui claque comme un mantra : « We get u clean ».
C’est l’art de proposer une alternative radicale pour se faire connaître en dehors des circuits ultra-fermés de la mode. D'autant plus que FPS refuse en bloc de s'inscrire dans les cycles saisonniers ou les calendriers imposés par l’industrie. Sa production suit un flux constant de recherche et d’innovation, en rupture totale avec les schémas établis.
Le mystère reste entier : l'identité de ses membres est gardée secrète. On sait seulement qu’ils ont fait leurs armes sur les bancs d’écoles prestigieuses, entre l’IFM à Paris et l’Académie Royale d’Anvers. Leur logo, l’étoile, symbolise la mise en commun de leurs visions différentes et une volonté farouche de fédérer. Dernier coup d’éclat en date ? Une participation ultra-remarquée au pop-up adidas à l’occasion de l’Originals Soccer House. Le rendez-vous est donné vendredi soir !
Lazoschmidl ou la masculinité sans filtre
Présente à Paris la saison dernière en marge du calendrier officiel, Lazoschmidl fait un retour en grande pompe. Cette fois, la marque s'installe carrément aux côtés des géants du luxe dans le programme millimétré de la Fédération de la Haute Couture et de la Mode.
Comme cet hiver, le duo mise sur un format de présentation avec des modèles « vivants ». En tant que spectateur, Lazoschmidl possède cette faculté rare de nous projeter instantanément dans son univers à travers de véritables saynètes. Le but ? Mettre en avant leurs créations tout en redéfinissant les contours de la masculinité dominante. Ici, la virilité s'affiche d’ailleurs comme un slogan ironique ou militant sur des tee-shirts : « healthy masculinity ».
Adepte des punchlines, la marque clame haut et fort ses convictions et prouve, saison après saison, que le vestiaire masculin peut faire bouger les lignes. Pour cette collection Printemps-Été, le premier indice réside dans son titre : « Daynight ». On peut légitimement s'attendre à des pièces plus nocturnes. Réponse vendredi après-midi.
Song for the Mute prête pour le grand saut officiel
Le 25 juin, niché entre Givenchy et Issey Miyake — de sacrés ténors de la mode — un nom hautement désirable fait son apparition dans le calendrier officiel : Song for the Mute.
La marque australienne, fondée par Melvin Tanaya et Lyna Ty, l’a annoncé fièrement sur son compte Instagram. Si elle remercie évidemment la Fédération pour cette intégration, c’est avant tout à sa clientèle fidèle (qui la suit depuis 2010) qu'elle a dédié ces quelques mots vibrants :
« Merci à tous ceux qui nous ont écrit, ont parlé de nous, ont acheté chez nous ou ont soutenu notre marque de quelque manière que ce soit. Nous avons lancé cette marque en 2010 avec une mission simple : raconter et partager notre propre histoire dans l'espoir d'inspirer les autres à faire de même. Si nous pouvons le faire, alors vous le pouvez aussi. »
C'est un véritable cap et un accomplissement majeur pour le label, habitué à construire ses collections sous forme de « chapitres » narratifs. Déjà solidement soutenue par adidas (avec qui elle a récemment signé une collaboration très réussie autour de la sneaker Tokyo), la marque s'apprête à dévoiler sa prochaine collection baptisée « Summer Blues ». Un rendez-vous immanquable.
Rescha : pont poétique entre Orient et Occident
Charlotte Chowdhury, créatrice franco-indienne passée par la Central Saint Martins, Jacquemus ou encore Lemaire, est à la tête de Rescha. Sa marque s'impose au carrefour de l’Occident et de l’Orient, à travers une ligne féminine qui fait dialoguer les cultures.
Sa prochaine collection, présentée en ce premier jour, s’intitule « Anveshan » (qui signifie « exploration » ou « quête » en sanskrit). On y retrouve tout son savoir-faire unique et son travail main dans la main avec des artisans, qui rappelle la richesse ornementale des saris traditionnels, le tout guidé par une recherche permanente de fluidité.
Fait amusant : Charlotte est une habituée de la Fashion Week Homme, alors qu'elle dessine pour la femme. Bien qu'elle ne soit pas inscrite au calendrier officiel de la Fédération, tous les yeux des rédactions de mode et des cool people de la capitale sont braqués sur elle depuis plusieurs saisons. Une valeur (déjà) plus que sûre.
Talel ou l'ovni de l'accessoire
Fondée par Leila Roukni, Talel est la seule marque d’accessoires pure souche de cette liste, mais son palmarès parle pour elle. Incubée à l’IFM Entrepreneurs en 2023, lauréate d'ADC La Relève en 2025, récompensée par le prix de l'accessoire au Fashion Trust Arabia la même année, et finaliste de la Maison Mode Méditerranée : Talel s’est rapidement imposée comme l’une des voix les plus singulières de la maroquinerie marocaine.
Sa marque de fabrique ? Des sacs triangulaires déclinés dans toutes les tailles, à porter fièrement à la main ou à l’épaule. Durant cette Fashion Week, le label va dévoiler sa toute nouvelle collection intitulée « Eyes Wide Souk », accompagnée d’une campagne inédite créée en collaboration avec l’artiste ultra-pop PZ Opassuksatit. Le tout sera présenté en exclusivité chez Lucid Interval mercredi.