
Pourquoi Paris vit son mois le plus créatif en avril Entre photographie, mode, artisanat et savoir-faire d’exception, la capitale se transforme en laboratoire culturel à ciel ouvert
Six regards à la croisée de la mode et de l’image
Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, « CURATION - CAPSULE MODE » s’impose comme l’un des temps forts de ce début de mois. Imaginée par l’association Les Filles de la Photo, avec le soutien de Maje, l’initiative met en lumière six lauréats d’Art Paris 2026 à travers une sélection d’œuvres inédites présentée du 2 au 6 avril à la Galerie CØR Studio, au 28 rue du Petit Musc.
Cette exposition célèbre six regards qui gravitent autour de la mode, du portrait et de la photographie documentaire. Chacun des artistes invités développe un langage visuel singulier, tout en dialoguant avec les notions de corps, de vêtement et d’identité.
Le travail de Marianne Cavalier convoque une imagerie qui semble tout droit sortie d’un magazine en papier glacé, où le maquillage devient presque un personnage à part entière. Chez Renate Ariadne, le vêtement occupe une place centrale, pensé non pas comme simple objet, mais comme prolongement du récit photographique. Jinyong Lian, de son côté, explore la peau, le contact physique et les textures, dans des images où la matérialité du corps devient palpable.
À l’opposé d’une image trop lisse, Anne-Sophie Auclerc privilégie le grain, le noir et blanc, et une esthétique presque volée, comme saisie sur le vif. Lola Cacciarella déploie un univers solaire et saturé, aux accents de vacances d’été et de crème solaire, tandis que Guillaume Benichou capture le quotidien dans ce qu’il a de plus spontané, presque pris en flagrant délit.
Le vernissage, prévu le 2 avril de 18h à 21h, devrait déjà donner le ton d’une semaine placée sous le signe de la jeune création. Le choix de la Galerie CØR Studio n’est pas anodin. Avec ses différents espaces à travers Paris, le lieu s’est imposé comme un acteur essentiel de la scène artistique émergente. Celui de la rue du Petit Musc, conçu en collaboration avec le studio berlinois VAUST, déploie une esthétique minimaliste et architecturale qui fait écho à la radicalité visuelle des œuvres exposées.
Art Paris revient au Grand Palais
Cette capsule fait également office de prélude à la deuxième édition d’Art Paris dans sa nouvelle configuration au Grand Palais, qui se tiendra du 9 au 12 avril. Pour sa 28e édition, la foire confirme sa volonté de conjuguer prestige institutionnel et ouverture à de nouveaux publics. Cette année, 165 galeries françaises et internationales sont attendues, dont 27 consacrées aux jeunes talents et aux scènes émergentes.
Dans un paysage culturel parfois perçu comme élitiste, Art Paris continue de défendre une approche plus accessible, capable de séduire aussi bien les collectionneurs aguerris que les curieux de passage. Une ambition qui résonne particulièrement avec la scène créative actuelle, où les frontières entre art, image et mode se font de plus en plus poreuses.
Les coulisses de la création enfin accessibles
Avril, c’est aussi le mois où le geste retrouve toute sa place. À l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art, ateliers, maisons et institutions ouvrent leurs portes au public en France comme partout en Europe. Le temps d’un week-end, ces journées offrent une occasion rare d’approcher les métiers d’art au plus près : broderie, plumasserie, tissage, maroquinerie ou encore travail du métal.
Au-delà de la simple visite, l’événement permet surtout d’assouvir une curiosité souvent nourrie par les objets finis, mais rarement par les gestes qui les rendent possibles. C’est aussi une manière de faire naître des vocations, en permettant la transmission des savoir-faire.
À Paris, le passage par Le 19M s’impose presque comme une évidence. Imaginé par Chanel, ce lieu dédié aux maisons d’art rassemble certains des artisans les plus emblématiques de la création française. L’occasion de découvrir notamment le travail d’Eres, dont l’expertise autour du swimwear et de l’activewear continue de redéfinir les contours du vêtement technique, mais aussi celui de Lesage, référence absolue en matière de broderie. Ces journées rappellent que derrière chaque pièce se cache d’abord une main, un geste, une technique.
Entre foires, expositions et portes ouvertes, avril confirme plus que jamais le statut de Paris comme capitale de la création. Un mois où l’on passe sans transition du Grand Palais aux ateliers, de la photographie de mode aux métiers d’art, du regard à la main.
Crédits photos : Marianne D. Cavalier & Renate Ariadne























