
Aux Oscars, le silence autour de Brigitte Bardot L’actrice française la plus connue internationalement n’a reçu aucun hommage hier soir à la cérémonie des Oscars
Chaque cérémonie concentre son lot d’hommages à des figures emblématiques du cinéma disparues dans l’année. Pour cette 98ème édition, Robert Redford, Catherine O’Hara ou encore Diane Keaton ont tous fait l’objet d’un clin d’oeil appuyé. Un dernier au revoir de la part de la grande famille du cinéma, lors d’une soirée pleine d’émotions. Parmi les personnalités disparues en 2025 figurait pourtant Brigitte Bardot, l’une des actrices françaises les plus connues au monde. Pourtant, son nom n’est pas apparu au tableau des hommages. Une absence qui interroge, tant la star demeure un monument du cinéma, mais aussi une icône de mode. Retour sur les raisons qui pourraient expliquer pourquoi B.B. a été évincée de la cérémonie.
Dans les années 1970, après avoir tourné pour les plus grands — notamment Roger Vadim et Jean-Luc Godard — et totalisé près de cinquante films ainsi qu’une centaine de chansons, Brigitte Bardot se coupe brusquement du monde du spectacle. Éreintée par la pression médiatique et la traque incessante des paparazzis, elle choisit de se retirer de la vie publique. Pour la seule décennie 1950, près de 30 000 clichés d’elle circulent dans la presse. Il faut dire que ces années marquent son triomphe : elle devient l’actrice française la mieux payée et s’impose comme un sex-symbol planétaire, une image qu’elle assume avant de tourner définitivement le dos aux projecteurs.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Elle continue de faire parler d’elle. D’abord pour une cause noble ; celle de la protection des animaux. Elle fonde sa propre fondation, la Fondation Brigitte Bardot et vit entourée de compagnons à quatre pattes dans sa maison de la Madrague. Plus tard cependant, l’ancienne actrice multiplie les prises de position polémiques. Proche de l’extrême droite française et notamment de Jean-Marie Le Pen, elle tient à plusieurs reprises des propos racistes qui lui vaudront cinq condamnations judiciaires. L’image de l’icône libre et insoumise se trouble alors, d’autant plus qu’elle se revendique également anti-féministe, malgré l’aura d’émancipation que son image a longtemps incarnée.
Après son décès en décembre 2025, deux camps se sont rapidement opposés : les admirateurs indéfectibles de B.B., d’un côté, et ses détracteurs refusant que ses positions politiques soient passées sous silence, de l’autre. Ces tensions ont atteint leur paroxysme lors de la cérémonie des Césars, lorsqu’un hommage à l’actrice a été copieusement hué. Et c’est précisément cet incident qui a certainement poussé l’académie des Oscars à faire ce choix. Plutôt que d’assumer la complexité d’une figure aussi contradictoire, l’Académie a opté pour la disparition pure et simple. Comme si effacer le nom de Brigitte Bardot suffisait à effacer le malaise qu’elle provoque encore. Mais les icônes ne disparaissent pas si facilement : elles continuent de hanter l’histoire du cinéma, avec leurs lumières et leurs zones d’ombre.


































