Duran Lantink prend sa revanche avec sa nouvelle et première campagne Jean Paul Gaultier À la tête de Gaultier, Lantink dévoile sa vision provocante à travers l’objectif d’Inez et Vinoodh

Depuis le retrait de Jean Paul Gaultier en 2020, la maison avait expérimenté un format inédit : confier chaque saison ses collections à différents créateurs. Olivier Rousteing, Simone Rocha ou Glenn Martens se sont succédé, chacun offrant sa lecture du répertoire Gaultier, entre hommage et réinterprétation. Après cinq années d’essais, l’heure était venue d’élire un directeur artistique permanent. C’est Duran Lantink qui a hérité des rênes de la maison créée en 1976, une décision à la fois audacieuse et logique pour une marque qui n’a jamais cessé de provoquer et de surprendre.

@lucienpagesofficial Le nouveau Jean-Paul Gaultier divise et on adore !! @JeanPaulGaultier @ALEXANDRE @LoicPrigenttiktok son original - lucienpages

Avant de pousser les portes des célèbres bureaux de la rue Saint-Martin, Duran Lantink a crée en son nom. Des collections qui l’ont très vite fait remarquer. Une liberté radicale aussitôt devenue virale. Si le créateur a le goût de la provocation, son travail lui permet de rafler des récompenses, notamment le prix Karl Lagerfeld en 2024 (LVMH), suivi l’année d’après par le prix Woolmark. Il pousse son expérimentation des corps - et des codes - toujours plus loin. Chez Gaultier, il renverse l’utilité du vêtement : au lieu d’habiller, il déshabille. Combinaisons imprimant un corps nu, marinières disloquées révélant la peau, bikinis à capuche… Chaque pièce joue avec le corps et les découpes, révélant une sensualité assumée tout aussi déconcertante. Cette première collection a divisé, mais surtout suscité la conversation - un exploit rare qui rappelle que Jean Paul Gaultier est une maison où la controverse fait partie des murs. Lantink, nouvel enfant terrible de la mode, semble marcher dans les pas de son prédécesseur, mais avec l’avantage des réseaux sociaux : ses silhouettes circulent instantanément, et bien au-delà de la sphère mode. 

Après un premier accueil contrasté de la collection lors du défilé, le lancement de la campagne Printemps-Été 26 est tout autre. Derrière l’objectif de Inez et Vinoodh, sur fond blanc, c’est toute la vision de Lantink au service de la maison Gaultier qui s’articule. Les pièces iconiques reprennent vie. La robe plissée blanche façon Marilyn qui semble flotter est le premier acte d’une série d’images pop comme tout droit sorties des années 1980 - décennie phare pour la maison. Des poses ubuesques ponctuent la série, traduisant simultanément le tempérament iconoclaste de Lantink et l’héritage de Gaultier.

Mais l’audace n’exclut pas la stratégie commerciale. En parallèle, la maison publie en story sur Instagram des images du lookbook, accompagnées de liens d’achat pour des pièces plus accessibles et portables au quotidien. Le créateur jongle ainsi entre extravagance artistique et succès commercial, un équilibre indispensable pour une maison comme Gaultier. Entre provocation et accessibilité, Duran Lantink impose sa patte et semble déjà écrire un nouveau chapitre pour la maison.