
Les archives de Martin Margiela bientôt en vente à Paris 150 lots exclusifs du créateur le plus secret de la mode
Du 4 au 8 juillet prochain, Paris accueillera une exposition publique exceptionnelle, prélude à une vente aux enchères historique prévue le 9 juillet. Une occasion unique de plonger dans l'intimité créative d'un designer qui a redéfini les contours de la mode contemporaine.
De l'anonymat à l'avant-garde : la construction d'un mythe
Né en 1957 à Genk, en Belgique, Martin Margiela fait ses armes à la prestigieuse Académie Royale des Beaux-Arts d'Anvers. Cette institution, qui verra passer plus tard des talents comme Haider Ackermann ou Kris Van Assche, lui transmet une rigueur technique absolue. En 1984, son destin bascule : il rejoint Jean Paul Gaultier. Pendant quatre ans, il assiste « l’enfant terrible de la mode », absorbant l'effervescence parisienne avant de fonder sa propre maison éponyme en 1988.
Dès ses débuts, Margiela dynamite les conventions. Ses défilés investissent des lieux de passage — des stations de métro désaffectées, des parkings ou des terrains vagues —, ses mannequins défilent le visage masqué pour que le vêtement reste le seul sujet, et l'upcycling devient, sous ses mains, une science exacte.
En 1997, coup de théâtre : la maison de haute maroquinerie Hermès le nomme directeur artistique du prêt-à-porter féminin. Jusqu'en 2003, date à laquelle il passe discrètement le flambeau à son ancien mentor Jean Paul Gaultier, Margiela fait cohabiter l'avant-garde la plus radicale et un quiet luxury avant l'heure. En douze collections magistrales, il impose une silhouette monochrome, fluide et intemporelle qui marque l'histoire de la maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré.
Un trésor de 150 lots
Aujourd'hui, alors que le créateur s'est retiré des podiums depuis 2008, son aura plane plus que jamais sur l'industrie. Fidèle à sa légende, ce n'est pas l'homme — toujours invisible et reclus — qui fait l'actualité, mais son héritage. Organisée par la maison Maurice Auction, en collaboration avec la prestigieuse maison britannique Kerry Taylor Auctions, cette vente aux enchères est un événement d’une envergure sans précédent.
La vacation se compose de 150 lots exceptionnels retraçant sa carrière de 1987 à 2008. Parmi les pièces maîtresses, les collectionneurs pourront s'arracher :
Des documents historiques : Son portfolio de 1987, des prototypes uniques et des croquis originaux. Des reliques intimes : Des objets personnels hautement symboliques, à l'instar du téléphone de son bureau datant de 1988, affichant encore son numéro de l'époque. Des pièces de la période Hermès : Des vêtements rarissimes directement puisés dans la garde-robe personnelle de la mère du créateur. Des icônes de la mode : Des bottines Tabi recouvertes de la célèbre peinture blanche signature de la maison et de graffitis noirs, un modèle similaire à celui exposé en 1991 au Musée Galliera.
Un rendez-vous incontournable pour l'histoire de la mode
Plus qu'une simple vente, cet événement se veut une célébration de la transmission. L'exposition gratuite, organisée du 4 au 8 juillet dans la capitale, offrira aux passionnés et aux curieux une chance ultime d'admirer ces pièces de musée avant qu'elles ne rejoignent des collections privées.
En dispersant ces archives, la vente du 9 juillet accomplit le vœu le plus cher de la mode selon Margiela : faire vivre le vêtement plutôt que de le figer, tout en nourrissant un peu plus le mythe de ce créateur belge qui a changé le cours de la mode moderne.