
Pourquoi la marque Zadig & Voltaire a-t-elle perdu ses ailes ? Aussitôt arrivé, le nouveau directeur artistique Dan Sablon repense un des emblèmes de la marque
La griffe parisienne qui fêtera ses trente ans l’année prochaine vient de nommer Dan Sablon en tant que directeur créatif succédant à la ténor Cecilia Bönström en poste depuis 2006. Le début d’une nouvelle ère amorcée aussitôt par la présentation de la collection Automne-Hiver 26 durant la Fashion Week de Paris. Une trajectoire inédite pour Dan Sablon passé par les rédactions de Lui, i-D Magazine et Vogue France notamment en tant que Culture Director-at-Large. Mais pas si original puisqu’il intègre le cercle des personnalités de la presse également passées par la direction créative comme Carine Roitfeld ou encore IB Kamara - actuellement à la tête de la création chez Off-White.
Dans la cour du Musée Galliera, Dan Sablon a fait ses premiers pas à l’occasion de la présentation de sa nouvelle collection. Pour marquer les esprits, il décide de se délester d’un des emblèmes, si ce n’est du logo de la marque, les fameuses ailes pour les remplacer par… rien. Seul le nom de la marque subsiste. Un détail qui veut dire beaucoup. Un changement subtil qui marque néanmoins l’entrée de Zadig & Voltaire dans l’ère Sablon. Au programme de cette collection Automne-Hiver 26, qui plus est mixte, des silhouettes un poil grunge, éminemment nonchalantes qui rappellent les sorties de lycées dans les années 2010. Denim clair, chemise à carreaux et sacs en bandoulière forment une parenthèse de jour, aussitôt remplacée par une succession de looks appelant à la fête. Sequins, robes minis ou maxi jouant sur la transparence, vestes en cuir forment un vestiaire sexy tout en étant commercial.
Car c’est tout le sujet de la nomination de l’ancien Director-at-Large, remplir les caisses et contenter les attentes de la marque qui comptait en 2025, atteindre les 550 millions d’euros de chiffre d’affaire tout en consolidant la présence de Zadig & Voltaire sur la scène mode. C’est dans ce contexte que la mission de Dan Sablon prend tout son sens. En retirant les ailes du logo, il ne touche pas seulement à un détail graphique : il s’attaque à l’un des symboles les plus reconnaissables de la maison. Une manière de signifier que le renouveau ne passera pas uniquement par le vêtement, mais par une redéfinition plus globale de l’identité. Reste à voir si, en retirant les ailes de Zadig & Voltaire, Dan Sablon ne brûlera pas les siennes.


































