
Qui est Léa Peckre, la designer en lice pour rejoindre la future équipe haute couture d’Hermès ? Pressentie pour rejoindre la future équipe couture, la Française pourrait devenir l’un des visages clés de cette nouvelle ère chez Hermès
Annoncée à l’automne dernier, l’arrivée d’Hermès sur le terrain de la haute couture ouvre une nouvelle séquence pour la maison parisienne. Après avoir longtemps imposé sa suprématie dans la maroquinerie et les accessoires, la maison poursuit désormais son ascension sur le terrain du savoir-faire. La première collection pourrait voir le jour à l’horizon 2027, selon les déclarations d’Axel Dumas. Cette ambition s’inscrit dans une dynamique économique particulièrement solide. En 2024, Hermès a enregistré une hausse de 13 % de son chiffre d’affaires, confirmant une nouvelle fois sa capacité à défier le ralentissement du secteur du luxe. Si le Birkin ou le Kelly continuent de plaire - en témoigne les délais pour s’en procurer un - le prêt-à-porter s’est imposé comme un pilier stratégique, représentant désormais un tiers des revenus de la marque.
Pour lancer cette nouvelle machine créative, Hermès semble déjà s’atteler à la constitution d’une équipe capable d’incarner le meilleur du savoir-faire français. Un chantier qui s’inscrit dans un moment charnière pour la maison, quelques mois après l’annonce de la nomination de Grace Wales Bonner à la tête de la ligne homme, en succession de Véronique Nichanian. Selon les informations relayées par WWD ce matin, Léa Peckre figurerait parmi les profils envisagés pour rejoindre cette nouvelle aventure créative. Son nom n’a rien d’anodin.
Diplômée de La Cambre, Léa Peckre s’est imposée très tôt comme l’une des figures les plus pointues de sa génération. En 2011, elle remporte le Grand Prix du Festival d’Hyères sous la présidence de Raf Simons, alors en poste chez Dior. Quatre ans plus tard, elle confirme son statut en recevant le Prix des Premières Collections de l’ANDAM, distinction qui a souvent servi de tremplin aux talents appelés à compter dans l’industrie. En parallèle de ses récompenses, la créatrice fait ses armes chez Jean Paul Gaultier et Givenchy, notamment au sein des départements haute couture — une expérience qui pourrait aujourd’hui peser lourd dans la balance au moment où Hermès construit son pôle couture. Depuis 2020, elle occupe le poste de head designer du prêt-à-porter femme chez Celine. Au cours des années 2010, Léa Peckre a également développé sa marque éponyme, produite en quantités très limitées. Une mode de précision, pensée dans le détail, où la coupe dialogue toujours avec la matière. C’est peut-être précisément là que son profil résonne avec l’ADN Hermès. Chez elle, le vêtement ne commence pas par la silhouette, mais par la texture. Dans un entretien accordé à Standard Magazine, la créatrice résumait cette approche avec une formule qui sonne comme un manifeste : « le développement de la matière, c’est 70 % du travail ». Une vision qui fait écho à l’héritage de la maison, dont l’excellence textile, le cuir et l’approche artisanale constituent le cœur du récit. Dans la perspective d’une première collection haute couture, un tel regard sur la construction du vêtement pourrait faire la différence. Aucune confirmation officielle n’a, pour l’heure, été communiquée par Hermès. Reste que dans un secteur où les recrutements précèdent souvent les annonces, le profil de Léa Peckre apparaît comme l’un des plus cohérents pour porter cette ambition couture.


























