Nina Ricci arrête sa ligne de prêt-à-porter après le départ d’Harris Reed La marque serait-elle sur le point de fermer ses portes ?

L’information circule depuis le 19 mars, relayée notamment par le média Griffé, sans confirmation officielle à ce stade. Pourtant, les signaux s’accumulent. Fondée en 1932 par Maria Nina Ricci, la maison parisienne traverse une zone de turbulence : après l’annonce du départ de Harris Reed, en poste depuis 2022, c’est désormais la fermeture de sa ligne de prêt-à-porter féminin qui se profile. Une double secousse pour une griffe qui peinait, ces dernières saisons, à retrouver son intensité.

Arrivé à seulement 26 ans, le créateur américano-britannique incarnait un pari fort. Sur Instagram, il revient avec émotion sur ces années fondatrices : « Lorsque je suis arrivé chez Nina Ricci, j’avais 26 ans, tout juste diplômé, célibataire, encore en train de trouver mes repères tout en apprenant à m’affirmer. Aujourd’hui, je pars en ayant énormément appris et grandi, et je suis très enthousiaste à l’idée d’entamer ce nouveau chapitre de ma vie, avec mon mari (et notre chien) à mes côtés […] prêt à faire entrer ma propre marque dans une nouvelle phase. »

En trois ans et demi, il aura imposé une vision immédiatement reconnaissable : inclusive dès son premier défilé - ouvert par la mannequin Precious Lee - théâtrale dans sa mise en scène. Sous son impulsion, Nina Ricci s’est aventurée sur un terrain plus audacieux. Couleurs franches, motifs affirmés, volumes exagérés : les collections oscillaient entre romantisme baroque et énergie rock. Les défilés, pensés comme de véritables performances, convoquaient une galerie de personnages à la croisée des époques, brouillant les lignes entre héritage et ré-interprétation plus contemporaine. Une excentricité assumée, parfois clivante. 

En parallèle, Harris Reed n’a jamais cessé de développer sa propre marque, lancée en 2020. Ces dernières semaines, il multiplie les apparitions remarquées sur les tapis rouges, habillant notamment Zendaya lors de l’after-party des Oscars dans une silhouette de dentelle immaculée, inspirée d’un look porté par le chanteur Prince en 1985. Entre glamour et références culturelles pointues, son vestiaire de « demi-couture » séduit également des figures comme Odessa A'zion ou Suki Waterhouse.

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Reste une question centrale : quel avenir pour Nina Ricci ? Derrière les décisions créatives, un signal plus sombre interpelle. L’entité juridique « Société Nina Ricci » a été radiée du Registre du commerce et des sociétés de Paris le 21 janvier 2026. Une radiation signifiant la disparition officielle de la société en tant qu’entité légale : elle n’est plus immatriculée, et ne peut, en théorie, plus exercer d’activité. Cette étape intervient généralement à l’issue d’un processus de dissolution, souvent préalable à une liquidation. Si la maison n’a pas communiqué publiquement sur ce point, cette évolution fragilise davantage sa position. Car si la marque Nina Ricci peut, en pratique, continuer d’exister via d’autres structures ou licences, notamment dans le parfum, pilier économique pour elle, l’arrêt du prêt-à-porter sonne comme un échec. 

Si la marque n’a pas encore communiqué officiellement sur la cessation de son activité de prêt-à-porter, l’ombre au tableau ne cesse de grandir. Dans un contexte où les nominations à la tête des directions artistiques se succèdent à un rythme effréné, ce ralentissement du tempo créatif prend une toute autre signification. Pour Nina Ricci, cette pause forcée pourrait bien ne pas être passagère, et ce silence laisse planer l’hypothèse d’un point final, lourd de symboles, pour l’une des maisons les plus historiques de la mode française.